La théorie de l’attachement 🤰🏽🤱🏼

La théorie de l’attachement nait des études d’un psychiatre, psychologue, psychanalyste appelé John Bowlby qui voulait comprendre les effets des séparations précoces avec leurs parents des enfants déportés pendant la seconde guerre mondiale.

L’éthologie (la science du comportement animal & humain) est une domaine importante dans l’attachement puisque Bowlby se base beaucoup sur les comportements instinctif des animaux pour appuyer ses recherches. Notamment le « comportement d’approche Â», c’est-à-dire le fait de rester près de la mère surtout  en situation d’alarme ou face à des objets menaçants (« comportement d’évitement Â»).

A la fin des années 70, Ainsworth Ã©tudie le comportement de recherche et de maintien de proximité avec la mère grâce à son célèbre « situation étrange« , paradigme expérimentale qui consistait a séparer l’enfant de sa mère pour une courte durée de temps, d’introduire un étranger dans la pièce, puis d’observer les retrouvailles avec la mère. Grâce à ses recherches, elle distingue trois types d’attachements :

  • l’attachement sécure,
  • l’attachement insécure anxieux/évitant,
  • l’attachement insécure anxieux/ambivalent.

En 1990, Main & Solomon  complètent ces travaux avec un quatrième style d’attachement ;

  • l’attachement insécure désorganisé.

Les enfants avec un attachement sécure :

pleurent peu et peuvent explorer, en présence de la mère, sans difficulté.

En 1973, Bowlby définit l’attachement sécure comme : Un sentiment de confiance, de sûreté et de sécurité, en sachant que sa figure d’attachement sera disponible lorsque désiré ou nécessaire.

Les enfants ayant un attachement insécure ambivalent :

pleurent beaucoup, même quand leur mère les porte, ils n’explorent que très peu.

Les enfants insécures évitant :

ne manifestent pas de différence de comportement et semblent indifférents vis-à-vis de leur mère.

Main & Solomon, 1986 décrivent un attachement désorganisé :

chez un enfant qui montre à la fois des envies de rapprochements et des envies de fuir son parent. Un enfant qui craint son caregiver, (qui signifie « celui qui prodigue les soins » en anglais), tout en manifestant une affection pour celui-ci, et est en général, un enfant ayant des comportements contradictoires pour ce dernier.

Ainsi, l’enfant développe différents styles d’attachements en fonction de la disponibilité de sa figure d’attachement et de la façon dont cette dernière répond à ses besoins.

Toutefois, la disponibilité du parent ne se suffit pas à elle-même pour garantir un attachement sécure chez l’enfant, il doit également être prêt à répondre de façon appropriée, à réconforter, consoler et protéger l’enfant.

Allen & Manning, 2007 définissent l’attachement insécure comme un échec de la régulation émotionnelle adaptative et ce, notamment dans les situations émotionnelles telles que le conflit.

Attachement et modèles opérants internes.

Les Modèles Opérants Internes (MIO) sont définis en 1973 par Bowlby comme:

l’ensemble des règles, conscientes et/ou non conscientes, pour l’organisation de l’information pertinente à l’attachement, basée sur les modèles de réponses des soignants à leurs demandes et attentes, permettant de prédire les interactions futures dans les relations amicales et amoureuses. L’enfant se sert de ses modèles internes opérants, acquis lors de cet attachement pendant l’enfance, pour interagir et établir d’autres relations interpersonnelles, et ce tout au long de sa vie.

Attachement à l’âge adulte

L’attachement est un comportement qui « joue un rôle vital dans la vie de l’Homme du berceau à la tombe Â».

L’interaction dynamique des modèles internes opérants, construits sur la disponibilité des figures d’attachements parentaux et de la disponibilité d’une figure d’attachement actuelle, est en partie responsable de la sécurité dans l’attachement adulte.

Chez l’adulte, on retrouve les 4 styles d’attachements sécures et insécures, cependant les styles d’attachements insécures n’ont pas les mêmes appellations.

  • L’attachement anxieux-évitant chez l’enfant â€“> l’attachement détaché chez l’adulte.
  • L’attachement anxieux-résistant (ou ambivalent) â€“> l’attachement préoccupé.
  • L’attachement désorganisé chez l’enfant â€“> l’attachement craintif chez l’adulte.

En 1990, Bartholomew propose un modèle bidimensionnel de l’attachement chez l’adulte où le style d’attachement à son partenaire amoureux dépendrait de la perception positive ou négative de soi et d’autrui.

Ainsi, nous retrouvons les 4 styles d’attachements accompagnés de la considération positive ou négative de soi et d’autrui.

Typologie des 4 styles d’attachement chez les adultes en correspondance avec ceux décrits chez l’enfant (Bartholomew et Horowitz, 1991 cité par Dessaux, 2012)

L’enfant s’éloigne petit à petit de ses parents afin de construire sa propre famille. Ainsi, il cherche un partenaire amoureux à qui il s’attachera. En effet, Fraley & Shaver, 2000, sous-tendent l’idée que l’attachement parent-enfant et l’attachement romantique adulte sont régis par le même système biologique. Ces deux attachements reposent essentiellement sur la disponibilité de la figure d’attachement.

Dans toute population :

  • 66% des personnes ont un attachement sécure,
  • les attachements évitants comptent pour 20%,
  • les attachements ambivalents correspondent à 15%,
  • 5% de la population aurait un attachement désorganisé.

On the path of life, the first steps are essentiel…